| FacebookTwitterImprimerJDGE n°62 - Mai-Juin-Juillet 2012

Une étudiante hors du commun : Nathalie Péchalat - 28 ans EMLYON BS

Double championne d’Europe (2011 et 2012), triple championne de France (2009, 2011, 2012) et depuis quelques mois médaillée en bronze aux championnats du monde de danse sur glace, Nathalie Péchalat s’est érigée au cours des dernières années en star incontestable du patin.

 

Nathalie Péchalat

 

Initiée aux joies du patinage à l’âge de 7 ans,  à Rouen, sa ville natale, elle rejoint la meilleure école de patinage française (le Pôle France  Charlemagne à Lyon) à 14 ans. Deux ans plus tard, elle rencontre Fabian Bourzat, qui depuis lors et aujourd’hui encore, sera son partenaire. Très vite, les exploits sportifs sont au rendez-vous : le jeune couple décroche médaille sur médaille. Mais  Nathalie renonce à la facilité de faire l’école  buissonnière et poursuit sa scolarité. « Ma priorité  a toujours été les études mine de rien, même si je me suis toujours débrouillée pour faire les deux », rappelle-t-elle, à ceux qui pourraient penser – à tort- que le  patinage passe avant tout.

En 2005, avec un Bac et une licence Management du sport de l’UFR STAPS de Lyon en poche, elle intègre donc l’EM LYON BS, seule école de  commerce qui lui permette de rester à Lyon pour suivre ses entrainements. Sa scolarité là-bas, elle l’a construite en adéquation avec les exigences de son emploi du temps sportif, à la carte, en étalant ses cours au gré du temps libre qu’elle trouve à côté de ses entraînements et compétitions. Elle commence tout d’abord par trois ans au sein des locaux  de l’EM. Puis, elle s’envole pour la Russie, où elle effectue une première année en stage chez Pierre Fabre, une deuxième dans l’Académie des finances et enfin une troisième qu’elle consacre exclusivement au patin parce qu’ « avec son partenaire ils voulaient la médaille d’or aux championnats d’Europe ». Ce qu’ils ont réussi. Depuis plusieurs mois, le duo a quitté la Russie et vit aux Etats-Unis, à 30 min de Detroit, dans un quotidien rythmé quasiment essentiellement par les entraînements de patinage, et où les loisirs sont presque absents. « De toute façon,  pour être honnête, ici il n’y a pas grand chose à faire. Le week-end, on se repose. Au début ça m’embêtait  vraiment parce qu’à Moscou je me suis éclatée. Je n’aime pas juste être focalisée sur le patinage, dormir patinage, manger patinage, etc. Mais ce qui est bien, c’est qu’on a du temps pour s’entraîner.»

A 28 ans, Nathalie a-t-elle enfin quitté les bancs de l’école ? Non ! Pourtant, il ne lui reste plus qu’un stage pour obtenir son diplôme,  7 ans après être entrée à l’EMLYON. Chose aisée pour un élève lambda. Pas pour cette reine des glaces qui subit les contraintes de son rythme de vie. « Le problème, c’est que je m’entraîne de 8h le matin jusqu’à 15h30, et en plus de cela toutes les 3-4 semaines  on a une semaine de compétition ou de gala. »

Aujourd’hui, Nathalie et Fabian visent une  médaille aux JO de 2014 et deux aux prochains championnats d’Europe. « On a fait deux fois  champions d’Europe et on aimerait bien réitérer en 2013 et 2014 pour avoir 4 titres » explique-t-elle, simplement, sans prétention. Des objectifs clairs et ambitieux qu’ils sont toujours deux à formuler, à préparer, et à atteindre, enfin. « On passe nos journées ensemble. Ce n’est pas facile tous les jours, mais sur le côté sportif, on veut vraiment les mêmes choses. Après, nous sommes complètement opposés, c’est enrichissant mais ça peut être chaotique, électrique. » Fabian est donc sans aucun doute l’un des ingrédients de la success story de Nathalie. Mais ce n’est pas le seul. « Je pense que ma réussite  vient beaucoup de l’éducation que mes parents m’ont donnée : je n’ai jamais fait du patinage sans l’école ou l’école sans  le patinage. Ensuite, je pense qu’il n’y a pas de secret, c’est l’organisation et le travail. J’essaie, au bon moment, de faire les choses qu’il faut faire. Et enfin, j’ai eu de la chance de rencontrer des gens à l’EM qui m’ont aidée dans mon sport, j’ai choisi plusieurs cours qui pouvaient s’appliquer aussi  à mon activité, j’ai acquis des savoir-faire que j’ai pu  retranscrire dans mon monde à moi, le patinage,  et à l’inverse le sport m’aide dans ma scolarité à l’EM. »

 

Sa personnalité ?
« Impatiente, intransigeante. Je suis une grosse bosseuse. Je m’organise bien.
Je suis généralement assez sociable »

Sa Devise :
« Si on veut, on peut.  Il y a aussi le célèbre : qui ne tente rien  n’a rien »

Dans 10 ans ?
« Je ne me vois plus faire du patinage du tout mais travailler dans une entreprise qui fait partie, dans l’idéal mais pas obligatoirement, du monde du sport, comme par exemple le CNOSF ou le CIO »

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau