| FacebookTwitterImprimerHors-série du Journal des Grandes Ecoles et des Universités "Spécial Ingénieurs" - N°14 • Mai 2013

Ingénieur pour demain : quelles sont les compétences attendues ?

L’ingénieur apporte des réponses à des problèmes de société en mobilisant des technologies de plus en plus complexes et sophistiquées. Il est impliqué dans la conception de produits, systèmes ou services mais aussi dans la coordination et la mise en œuvre des solutions techniques, régies par des contraintes de temps, ressources et réglementations. Dans un monde de ruptures technologiques, les profils attendus par les entreprises évoluent. Si les recruteurs attendent toujours des compétences classiques telles qu’une solide culture scientifique et technique, de la rigueur dans le raisonnement et de l’organisation, ils cherchent de plus en plus des ingénieurs préparés à traiter la complexité des modèles, des objets et des organisations avec lesquels ils vont devoir travailler.

Des ingénieurs innovants et adaptables
Tous les pays développés mettent l’innovation au cœur de leur stratégie économique. Pour préserver leurs parts de marché face aux pays émergents, ils doivent développer des produits ou services nouveaux et originaux, et répondant mieux aux attentes des clients. La capacité à innover est donc devenue une compétence clef pour l’industrie de demain. Elle repose en grande partie sur les ingénieurs. Dans le domaine de la mobilité, par exemple, il s’agit d’accélérer le déploiement de véhicules propres, limiter les émissions polluantes, mieux prendre en compte les besoins des usagers et améliorer la sécurité. L’innovation peut être fondée sur une avancée  technique, mais pas seulement. Elle résulte souvent d’une approche nouvelle ou d’une adaptation originale d’une technologie connue dans un autre domaine. L’ingénieur doit donc être créatif, inventif mais aussi curieux de ce qui se passe autour de lui, ouvert à la nouveauté et adaptable face à l’imprévu. Dans le monde évolutif dans lequel nous vivons, il est illusoire de penser être capable de délivrer aujourd’hui le savoir dont l’ingénieur aura besoin tout au long de sa carrière. L’enjeu est plutôt de lui apprendre à rester à l’écoute et lui donner le goût de continuer à se former. Le développement des doubles compétences constitue une voie intéressante pour développer l’ouverture : association de formations techniques et managériales, ou expertise et recherche, ou encore acquisition de compétences transculturelles, sont des profils appréciés par les entreprises.

 

Une approche multidisciplinaire et interdisciplinaire
Pour aborder un monde où la technologie se répand et se complexifie, les ingénieurs sont bien placés. Au delà de leurs compétences technologiques, ils doivent, pour être efficaces, intégrer des connaissances financières, commerciales, logistiques, managériales, juridiques ou sociales, tout en gardant un sens aigu de la réalisation concrète du projet. Les écoles d’ingénieurs s’adaptent aujourd’hui à ces attendus de l’entreprise. A l’ESTACA, l’approche multidisciplinaire est notamment enseignée à travers des cas d’études concrets. Cette année par exemple, des étudiants ont planché sur un serious game proposé par l’entreprise Keolis. Il s’agissait de proposer la meilleure solution de déploiement de transports durables en prenant en compte l’impact environnemental et veiller au meilleur équilibre économique. Le plan marketing, commercial et d’investissement était tout aussi important que la solution technologique. Une autre évolution du métier d’ingénieur réside dans les compétences associées. Par exemple, dans le secteur des transports, la mécatronique qui combine mécanique, électronique, informatique est aujourd’hui très recherchée pour concevoir des services comme les directions assistées, l’ABS, la détection des obstacles. L’ingénieur système est ainsi un profil en plein développement pour concevoir, définir et mettre au point des équipements pluri-technologiques.

 

Des ingénieurs communicants et ouverts sur le monde
Si le monde se complexifie du point de vue technologique, la complexité la plus vraie est celle qui met l’ingénieur face à des systèmes non réductibles à des modèles, c’est notamment le cas des relations interpersonnelles au sein des équipes de projets ou de production. La dimension de la communication et des relations sociales est d’autant plus importante que l’ingénieur moderne ne peut pas tout savoir. Il doit savoir travailler en équipe pluridisciplinaire et être à l’écoute de ceux pour, et avec lesquels, il travaille : fournisseurs, collègues, clients. Dans le contexte de mondialisation actuel, ces capacités de communication sont requises à l’échelle internationale. Pour participer à des projets d’envergure mondiale, il faut parler les langues étrangères mais aussi exercer des responsabilités avec des équipes de cultures différentes.

 

Pascale Ribon, Directrice Générale de l’ESTACA
pascale.ribon@estaca.fr