| FacebookTwitterImprimerGrandes Ecoles et Universités Magazine - N°57 Janvier 2013

Et si la bienveillance au travail augmentait la performance des entreprises

Spécial président(e)s

 

Un management bienveillant serait-il synonyme de performance dans l’entreprise ? C’est l’avis des intervenants, hommes et femmes d’entreprises, de la table ronde organisée par Psychologies à l’occasion de sa « Journée de la Gentillesse » 2012.

La performance économique est liée au bien-être des personnes au travail comme l'a démontré Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electrics, dans son rapport « Bien-être et efficacité au travail » en 2010.

La performance économique est liée au bien-être des personnes au travail comme l'a démontré Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electrics, dans son rapport « Bien-être et efficacité au travail » en 2010.

Pourquoi cette question ?
« La solidarité et la convivialité sont des valeurs contemporaines ! » se réjouit Arnaud de Saint Simon, directeur de Psychologies et créateur de la Journée de la Gentillesse. Fort du succès de cet événement dont s’est déroulée la 4ème édition le 13 novembre, en 2011 il organise une conférence « Bienveillance et entreprise » à Sciences Po, et lance un appel à plus de bienveillance au travail déjà signé par 300 entreprises.

 

Qu’est-ce que la bienveillance au travail ?
Des crèches, des conciergeries, des salles de sport, parfois du télétravail ou l’interdiction d’envoyer des mails le soir, sont des manifestations de la bienveillance au travail. Mais le fond de la question tient plus dans le management des hommes et de leur travail.

La performance des entreprises est intimement liée à celle de leurs salariés comme l’a résumé Frédéric Thil, DG France de Ferrero. « Renforcer notre compétitivité, c’est renforcer la valeur du capital humain. Ferrero veut être irréprochable vis-à-vis de ses salariés, bien les traiter, renforcer leur employabilité, leur offrir les conditions pour bien travailler, d’être toujours meilleurs et privilégier leur confort individuel. »La posture managériale et l’ambiance du travail sont au cœur de la définition de la bienveillance chez Google. Carlo d’Asaro, son DG Europe est attaché à la convivialité, l’échange. Cela se traduit par de petites équipes, des entretiens avec le manager chaque semaine, une culture du feedback négatif, la cantine et les machines à friandises gratuites. « L’objectif est de placer chacun dans les meilleures conditions pour faire son travail sereinement. Définir des rôles et fonctions clairs prévient le stress, le cadre donne de la liberté. Avoir du fun au travail est presque une règle ! Si on s’amuse, qu’on est heureux au travail, on le gère différemment. »

Chez MMA, la bienveillance au travail, c’est contrer les travers d’un secteur très encadré. « Nos process permettent de créer de la richesse, mais quelque chose est allé trop loin : on a voulu façonner le salarié ! analyse Hervé Frapsauce, DGA branche Assurances du groupe MMA. Or, chacun a besoin d’autonomie et de reconnaissance de sa singularité pour son bien-être. »

 

Comment la mesurer ?
Chez KPMG, la DRH et associée, Sylvie Bernard-Curie, a mis en place un écosystème pragmatique pour favoriser la bienveillance au travail. Le cabinet a une Charte des 7 bonnes pratiques d’équilibre vie professionnelle/vie privée, et des 10 comportements managériaux. « KPMG dépend totalement de son capital humain. Chaque manager doit donc se demander ce qu’il peut faire pour aider chacun. » L’idée est d’appliquer des règles managériales et d’opérer un suivi, chacun évaluant son n+1. « La bienveillance oui ! Mais derrière il faut une politique claire, un travail sur le travail, la gestion des priorités, la planification des temps. »

 

Faire rimer hommes et performance
Henri Lachmann est le co-auteur du rapport « Bien-être et efficacité au travail » en 2010. Plus que de bienveillance, il parle de la relation entre bien-être au travail et performance économique. « L’entreprise est avant tout un lieu de vie et une aventure collective. Or, elle ne peut être menée à bien que grâce au savoir vivre en collectivité, au savoir travailler ensemble. Il faut respecter l’individu pour ce qu’il est et dans sa différence, ne pas vouloir tout standardiser. »

 

http://journee-de-la-gentillesse.psychologies.com

 

A. D-F